« La forme d’une composition est seulement achevée dans la mesure où le corps existe, les membres existent, avec la charge d’assurer des rôles définis (…) Qui donc sait aujourd’hui comment se bâtit un sujet ? Comment doit-on faire pour qu’il se tienne tout seul, pour qu’on ne se trouve pas soudain aiguillé vers une mauvaise voie ? Qui peut dire comment il faut consolider une structure disjointe ? Comment doivent évoluer une introduction ou un développement ? Celui qui sait tout cela n’hésitera guère sur le point de savoir s’il faut ou non rétablir la tonalité pour mener à bien la forme ».                                   

            Arnold Schoenberg, Le Style et l’Idée, Buchet-Chastel,  pp. 197-198.

 

Faire à ce que se croisent différentes trajectoires, manières de déployer le regard, et circonscrire petit à petit ce qu’on a à se dire : a-t-on d’ailleurs des choses à se dire au sein de ces croisements ?

Ici est posée une tentative, d’une île à une autre, de s’envoyer des signaux de sémaphores, de bateaux en dérive, de repérer des états d’erre, de se raconter des étendues, de pister des sillons ; de vouloir tracer en commun des lignes maladroites en en guettant les premiers surgissements.